Thursday, July 06, 2006

 
Nous ne serons pas tous en finale : le 9 juillet sans Viera, ni Makélélé, ni beaucoup d’autres

Après la victoire face au Portugal, dans le concert des klaxons, les explosions des pétards et les cris de liesse de ce 5 juillet 2006, il est un silence assourdissant auquel peu de gens prêtent attention. Celui des enfants sans papiers scolarisés. Le 9 juillet, ceux-ci risquent bien de ne pas soutenir l’équipe de France dans l’indifférence de tous et la joie retrouvée de 1998.

Heureux et fier d’être français dans les stades et devant le poste, je le suis bien moins quand je constate certaines des lois qui sont votées et appliquées en France.

Le vendredi 30 juin 2006, les délais accordés pour les enfants sans papiers scolarisés sont arrivés à échéance. La loi Ceseda s’appliquera, même s’il s’agit d’aller chercher les enfants à la sortie des maternelles pour les expulser avec leurs parents vers un pays d’origine qu’ils ont fui après avoir tout perdu.
Le 1er Juillet 2006 la France triomphait contre le Brésil, et les premières expulsions débutaient.

Patrick Viera est né à Dakar, au Sénégal en 1976, Il est venu en France avec sa famille à l’âge de 8 ans. Claude Makélé est né à Kinshasa au Congo en 1973, il est venu en France à l’âge de 4 ans. Jean-Alain Boumsong est né à Douala au Cameroun en 1979, Lui c’est à 14 ans qu’il a rejoint la France. Desailly, Boli et bien d’autres encore sont nés à l’étranger de parents étrangers. Je ne sais rien des conditions dans lesquels ces joueurs, et beaucoup d’autres sont venus en France. Légal, illégal, là n’est pas la question. Ces détails là tiennent à peu de choses : un fonctionnaire plus ou moins complaisant, une famille plus ou moins fortunée, un vague cousin déjà présent sur le territoire. Le fait est qu’une fois, en France, ils auraient pu se faire expulser. Et nous aurions pu y perdre plus qu’y gagner : ….une finale de coupe du monde, par exemple.

La France, ne peut accueillir toute la misère du monde, mais nous avons des obligations morales. Une politique d’immigration contrôlée est évidemment nécessaire mais l’inhumanité ne l’est pas. Si cette loi injuste qui prend des enfants pour cible avait été appliquée en 1975, nous aurions pu perdre 3 héros de l’équipe de France et non des moindres. Viera, Makélélé et Boumsong. Sans doute bien plus, si elle avait été appliqué plus tôt

Mais ils sont où ? , ils sont où ? les expulsés….

Le jeu ne se joue pas qu’affalé sur le canapé, ni même assis sur le tabouret d’un bar ou debout dans le stade, il se déroule dans chacune de nos vies, et toutes les occasions sont bonnes pour contrattaquer. Le droit à la manifestation ne s’arrête pas avec l’abrogation (le remplacement) du CPE, ni ne se limite aux champs Elysées le soir de match.

Un sursaut de fraternité n’est pas trop pour ceux qui souhaitent éviter d’avoir à graver Liberté, Egalité, Inhumanité sur le porche de leurs écoles

Qui ne sursaute pas n’est pas français.

Grégoire , et de droite pourtant

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