Friday, December 16, 2005

 

Bapak Suriman

Hier était le dernier jour de mon chauffeur, Suriman. Bonhomme souriant de pas plus d'1m55, il conduisait la grosse Kijang (Espace locale ) qui lui était confiée avec une dextérité étonnante dans la jungle urbaine de Jakarta, évitant d'un même mouvement "oyjeks" trop pressés , flics en manque de pot-de-vin , carrefours embouteillés.

Il était un des mes interlocuteurs indonesiens favoris, sans doute car il ne parle pas un mot d'anglais hormis "stand-by" et "oppice".Il faut dire aussi que j'ai l'impression qu'il me parlait petit nègre en détachant bien les mots les uns des autres.Je ne sais pas si cela était dû au fait qu'il parlait mieux javanais qu'indonésienou si c'était sa manière naturelle de parler ou c'était simplement un effort de sa part.

Je me rappelle avec étonnement aujourd'hui que c'est lui qui m'avait accueilli à mon arrivée à l'aéroport, et que le voyage jusqu'au bureau avait été bien long car nous ne pouvions communiquer et les questions que je brulais de lui poser n'auraient trouvé aucune réponse.

J'ai une grande admiration pour lui car c'était souvent le premier au bureau et le dernier à partir, accompagnant souvent membres de comité de direction en sortie quand ils avaient un invité de l'étranger au buffet du Ritz ou du JW Marriot.
Il habitait à deux heures de motos du bureau et faisait le trajet tous les jours pour venir y chercher sa voiture.Ce qui fait qu'il dormait parfois moins de trois heures par nuit.D'une probité exemplaire, il avait souvent en sa possession, pour des courses diverses plus du double de son salaire mensuel et pourtant rendait sa monnaie rubis sur l'ongle à chacun sans mettre 5000 roupies (30 c€ ) de côté pour une boisson ou son déjeuner.

Je dis mon chauffeur, en fait il était davantage celui de l'entreprise , mais en l'absence d'hôtes particulier (60% du temps) il venait me chercher chez moi pour me déposer au bureau et vice versa le soir , a moins que je n'ai d'autre plan et qu'il me dépose au cinéma dans un bar ou sur un terrain de foot.....

Toujours est-il qu'il était la "property of the car leasing company "m'a-t-on dit au bureau et qu'à la fin du contrat de location il est parti avec la voiture.

Etonnante ironie du destin, quand même. Avoir un chauffeur ici , alors que moi même il n'y a pas 6 mois, j'en ai été un (pour 7 jours pour le salon du Bourget 2005) . La seule différence est que j'ai gagné en une semaine ce qu'un chauffeur en Indonésie gagne en 15 mois.........

Il y a bien des planètes sur la Terre......

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