Friday, November 11, 2005
Systeme inDonesia

Systeme inDonesia
Je suis profondément admiratif de l'ingéniosité déployée par les Indonésiens pour trouver des moyens de subsistance. Alors que le taux de chômage officiel est de 19%, (10% une fois les travailleurs temporaires comptabilisés ), nombres de petit boulots sont créés à tous les coins de rue et permettent à tous d'améliorer leur quotidien.
Bien sur, chaque fois qu'il s'agit de faire un créneau, ou de déboucher sur une grosse artère, un Indonésien se charge d'arrêter le flot de la circulation moyennant quelques milliers de roupies. Mais cela reste très classique. Certains ont même sophistiqué le système jusqu'à se répartir la tâche. C'est notamment le cas lorsque l'automobiliste excédé par les embouteillages décide d'emprunter les ruelles d'un bidonvilles pour raccourcir son trajet d' une bonne demi-heure. L'un arrête les voitures tandis que l'autre une centaine de mètres avant le carrefour sur un Grand axe tient un espèce de poste de péage. Bien sûr, rien n'est obligatoire mais les sommes demandées sont tellement modiques que tout le monde paye. Genre 2000 roupies =0,15 €.
Les cireurs de chaussures sont légions tout comme les vendeurs ambulants de tout et n'importe quoi : des cigarettes à l'unité à la bouteilles d'eau en passant par les restos ambulants (warungs) et les klaxons en plastique qui font pouet pouet.
Par contre , le détournement de loi "Three in one", est un peu moins classique. Le gouvernement pour encourager le covoiturage et limiter les embouteillages a promulgué une loi n'autorisant l'accès à certaines voies que lorsqu'il y a au moins trois personne dans la voitures. Du coup, un nombre incroyable de piétons se pressent à l'entrée de ces voies attendant d'être embarqués pour pouvoir satisfaire les quotas réglementaires. Certains en profitent pour rentrer chez eux en voitures, d'autres se sont spécialisés dans cette tâche et font plusieurs allers retour dans la journée.
Autre exemple de ce système D made in InDonesia est l'umbrella boy sur la photo. Ces gamins des bidonvilles se pressent à la sortie des buildings du quartier d'affaire lors de la saison des pluies et protègent ceux qui le désirent des intempéries sous un vieux parapluie défoncé le temps de trouver un taxi.
Un tour dans le bidonville à côté de chez moi a confirmé le fait que les Indonésiens les plus pauvres sont souvent les plus ingénieux. J'ai vu des équipes entières délaminer des barres de bétons armés pour récupérer l'acier et le revendre en gros. Des gens passer leur journées dans la rivière jonchée de déchets pour ramasser les bouteilles en plastiques charriées par le courant. La récupération des déchets est la-bas une industrie même si il reste une tache colossale avant de tout recycler.
De façon générale, j'ai l'impression que la moitié de l'Indonésie emploie l'autre moitié pour des taches domestiques. Il est très courant que certaines familles aient deux chauffeurs à plein-temps, deux maids et une cook. Soit quasiment un emploi par personnes à la maison. Il faut dire que le salaire minimum local encourage ce genre de pratique. Avoir quelqu'un à plein temps à son service 6 jours sur 7 coute autour de 700 000 roupies par mois soit moins de 60 €. Et puis cela crée de l'emploi....