Tuesday, November 29, 2005


Macet Total
En photo ma road 66.
En France les gens parlent de la pluie et du beau temps pour casser la glace.Ici les conversations anodines tournent autour des macets (embouteillages) (prononcez machette). Et en effet ils ont de quoi vous tuer.
Ceux-ci sont le lot quotidien des 18 millions d'habitants de Jakarta.Le plus amusant est la régularité du phénomène. A Jakarta les embouteillages sont de vrai fonctionnaires: 8H-11H et 16H30-19H30.Dans ces créneaux, il faut compter une heure pour parcourir la distance couverte en dix minutes durant la soirée.
Les embouteillages ainsi déteignent sur le comportement des javanais et accentuent encore leur nonchalance.Pourquoi se presser sachant la personne que l'on doit rencontrer sera forcément coincée dans la circulation? Il n'est pas un rendez-vous ou une réunion qui ait lieu à l'heure en raison de ces embouteillages.Souvent les gens habitent à plus de deux heures de leur lieux de travail et passent donc une bonne partie de leur temps éveillé dans les embouteillages.
Cependant les macets ne contribuent pas seulement à l'élasticité du temps javanais.Ils ont aussi un impact sur bon nombre d'activité à Jakarta.Ils ont même leur économie propre:Bien sûr les oyjeks (moto taxis ) en tirent l'essentiel de leur popularité, de nombreux vendeurs ambulants défilent entre les voitures transformées en parfait consommateurs captifs pour vendre journaux, boissons snacks en tout genre.Des musiciens de rues gratouillent vaguement leur guitares entre les voitures pourtant insonorisées. Des quartiers entiers avantageusement situés entre plusieurs axes encombrés se transforment en raccourcis à péage.De nombreux apprentis policiers se placent aux intersections pour soi-disant aider les véhicules à tourner moyennant quelques milliers de roupies.(mais ils sont souvent eux mêmes une cause d'embouteillage).
Il faut dire que les système même de circulation à Jakarta est très étrange. Il n'y a aucun carrefour; ni aucun feu de circulation et les ronds-points se comptent sur la moitié des doigts de la main. Pour tourner, il faut sagement s'aligner sur la file de droite et attendre patiemment pour faire demi-tour de croiser l'un des passages aménagés à cet effet.le problème est qu'il y en a un tous les kilomètres.La maneuvre est a recommencer un kilomètre plus loin si l'on souhaite tourner à droite à un carrefour. (Cf shéma et désolé pour mes talents d'artiste).
Quels sont les causes de ce phénomène ? Un peu tout et n'importe quoi en fait; le nombre d'habitants à Jakarta bien sûr, mais aussi les écoliers (curieusement les jours où il n'y pas école, il n'y pas de macet).Les bus qui s'arrêtent un peu n'importe où. Le fait qu'il n'y a pas de trottoir à Jakarta et qu'il y est donc impossible de marcher même pour un kilomètres.L'absence de métro. La pluie.Les départ en vacances. La situation ne s'arrangent pas lorsque SBY (le président) rentre chez lui :Toutes les voies qu'il empruntent sont interdites à la circulation une bonne demi heure avant qu'il ne passe dans sa mercedes toute sirène hurlante....Avec l'argent détourné par les président indonésiens, il pourrait au moins se payer un hélico.
Quand tout cela est cumulé (l'avant veille de Lebaran Idul Fitri (l'équivalent de Noel ), un jour de pluie, d'école et de réunion interministérielle, on a tous les ingrédients pour voir fleurir le fameux macet total; c'est-à-dire la paralysie entière de Jakarta.Et il n'est pas rare dans ce cas de passer trois heures dans sa voiture sans passer le première.....
Vivement le bon vieux périph parisien avec ses bon vieux bouchons.......